10
Avr

Népal 2011

Jaymashi,

Nous sommes heureux de vous transmettre une synthèse du projet missionnaire à court terme réalisé dans l’ouest du Népal :

  • un court aperçu du projet sur vimeo.
  • des photos sur picasa.

8 novembre 2011 ! Atterissage un peu brutal sur KTM, comme une introduction à la culture népalaise.

Dès la sortie de l’avion, la première inspiration nous place dans l’ambiance… Au pied de l’escalier nous menant vers le bus, quelques jeunes népalais sont triés sur le volet et fouillés en vue de préparer l’avion pour une nouvelle rotation. L’aéroport et son organisation laissent entendre ce que nous vivrons lors des trois prochaines semaines : « la vie népalaise », à la fois déroutante et attachante. Le brouhaha des klaxons et les odeurs multiples alimenteront notre quotidien et le choix ne se pose plus, il faut apprendre et vivre la culture au fil de nos rencontres, une expérience d’amour au travers de ce qui nous est étrange et si différent.

transportnepal2011siLes 15 heures de traversée du pays vers l’ouest auront raison de notre confort et de nos exigences occidentales… A notre arrivée à la Mercy House au milieu d’une nuit brumeuse, nous comprenons qu’il faudra s’accommoder d’autres habitants dans les différents recoins de nos chambres, du cri des hyènes rieuses et des différentes fêtes de voisinage. On apprend que Patrick & Eva ont échappé à la présence d’un habitant sans pattes désireux d’investir leur chambre dans l’après-midi précédant notre arrivée, un serpent qui ne semblait pas vouloir respecter leur intimité. Décidément, quel fourbe ce serpent !
De toute évidence, notre équipe n’a pas eu besoin de « ice-braeaking » ou de coaches pour resserrer les liens de ses différents membres, le contexte suffit à manifester notre interdépendance.

Rapidement, nous entrons dans le vif du sujet… installer 72 toilettes tout au long d’une rivière à sec pendant la saison, bercés par les bruits des engins de livraison et des cailloux inlassablement réduits en gravier. Régulièrement, nous traversons des zones aux odeurs suspectes. Une simple remontée de rivière invite à garder les yeux au sol, évitant ainsi les colis piégés dispersés au gré des besoins pressants. Aucun doute, nos wc turcs seront utiles !

Nos mémoires restent aujourd’hui marquées par nos rencontres :

  • damelepreusecelle de cette femme lépreuse qui nous salue d’un chaleureux « Jaymashi » et ose montrer son visage à découvert, la maladie aura été fatale à son oeil droit et à plusieurs parties de son visage, mais elle n’a rien entamé de sa joie de vivre et de son empathie pour des étrangers bien maladroits. Nous voyons Christ en elle comme une évidence et plus loin encore, l’amour que Jésus a manifesté envers tous les parias de la société (les Parias sont ainsi dits de la clochette qu’ils étaient autrefois obligés de porter, afin d’avertir les brahmanes de ne point s’exposer à être souillés par l’ombre d’un être abject). Aucun doute, Jésus était très en avance sur notre temps et il devrait le rester pour quelques… millénaires encore !
  • celle de ce pasteur de Surkhet, à qui nous livrerons un sac de riz, tant sa situation est précaire ! Une visite de la pièce qui abrite sa femme et sa fille nous donne un aperçu très rapide de la vie modeste qu’il mène pour réaliser son ministère. Nul doute : il est en période de vaches maigres. 50€ par mois sont nécessaires pour qu’il accomplisse son ministère à Surkhet, le soutien et la formation des pasteurs sont des sujets majeurs au Népal actuellement. L’équipe de la « Mercy House » va répondre à la question de la formation mais, qui pourrait bien se préoccuper de leur soutien ?
  • celle de Sunita, résidante d’une minuscule hutte dotée d’un grand puit de lumière pour mieux voir le ciel, façon asceptisée de dire que sa famille n’a pas les moyens de fermer le toit. Elle est sunitasicondamnée à travailler depuis l’âge de 13 ans après que son père, parti en Inde, n’en soit jamais revenu. Est-il mort ? On ne le sait pas mais on comprend vite que le temps n’est pas aux questions, pure perte de temps !
    Elle a aujourd’hui 16 ans mais cela se voit moins que sa joie et son courage. A la vue de sa façon de préparer le ciment, on comprend vite qu’elle n’est pas fleuriste au quotidien et surtout, on fait tout pour masquer que nous sommes physiquement un peu plus en galère qu’elle pour préparer le ciment.
    Dire qu’il suffirait de 1000 euros pour permettre à Sunita de finir ses études tout en garantissant la survie de sa mère, de son frère et de sa soeur !
    J’ai pensé à un courrier à lui écrire prochainement : « Chère Sunita, je souhaiterais profondément t’apporter de l’aide, mais comprends-tu, ici, notre situation est un peu précaire, c’est la période de noël et nos emplettes ne sont pas terminées mais, ne t’inquiète surtout pas, Dieu va pourvoir ! Allez, sois bénie petite soeur »
  • celle d’une équipe locale dévouée et exemplaire… Aucun doute, ils ont quelque chose de plus mais quoi ?
    Chaque soir, notre parcours de l’Evangile de Luc en équipe apportera des éléments de réponses sur le modèle qui semble les inspirer…

Unanimement, nous comprenons que Jésus n’est définitivement pas venu pour les bien portants ! Notre désir est de ne pas surtout pas oublier tout ce que nous avons vu dans le miroir et d’investir nos vies pour ce qui bon, juste et véritable.  

Merci à tous ceux qui ont soutenu ce projet d’une façon ou d’une autre, nous avons été encouragés de voir le corps de Christ à l’oeuvre. La moisson reste grande et nombreux sont les projets à venir, ici et ailleurs, qui permettront de faire une différence. Un nouveau projet au Népal est en cours de programmation courant 2012 ou 2013, il vise l’installation de panneaux solaires dans un village isolé du nord-ouest du pays. Nous recruterons l’équipe prochainement…

L’équipe Népal 2011 « Au profit des gens de la rivière »

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